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La Fonderie HAMEL à HAYBES (Ardennes) équipe la grande majorité des tombes de France

Des pièces pour soutenir les plaques funéraires

« Nous sommes présents dans tous les cimetières de France et de Navarre », annonce le Directeur, Jean-Michel Catteau. Pour le coup, il s'agit bien d'un marché dit de niche… Et pourtant n'allez pas croire que cette semaine de la Toussaint soit une période d'activité plus intense pour l'entreprise Hamel, installée à Haybes dans les Ardennes.

Vous n'avez pas d'idées ?

Difficile… car il ne s'agit pas de couronnes de fleurs ni de chrysanthèmes, ni même de marbre ou de croix en fer forgé. Non, il est plutôt question ici d'une pièce bien plus modeste à laquelle on ne prête guère attention, qui chercherait même à se faire oublier… mais qui reste très utilisée sur les tombes de l'Hexagone.

Un marché très Français

Il s'agit de simples supports métalliques ou de chevalets en aluminium destinés à maintenir les plaques funéraires sur lesquelles sont inscrits les derniers mots que l'on adresse aux défunts.


« C'est une spécificité bien française d'apposer des plaques de marbre sur des supports. Les Anglais, quant à eux, disposent une simple croix blanche avec une motte de terre. Les Italiens, de leur côté, apposent des plaques sur un mur… Mais nous, les Français, sommes attachés à la plaque de marbre gravée. » Il n'y a que les Portugais et une petite partie des Belges (20 % des tombes) qui ornent de la même manière leurs sépultures.

En tous les cas, c'est une activité qui, à elle seule, assure 50 % du chiffre d'affaires de la société (sur un total de 1,3 million de CA) qui compte sept salariés et deux intérimaires. Soit 600 000 pièces fabriquées par an et livrées à une clientèle de marbriers funéraires.

Petit calcul : à raison de deux supports par plaque, on peut estimer que les fabrications Hamel agrémentent chaque année environ 300 000 tombes. Soit trois cinquièmesdes décès annuels (545 000 décès en 2010 - source Insee). L'entreprise participe ainsi, à sa façon, mais sûrement et modestement, à l'ornementation de l'ultime demeure de la plupart des défunts de France, et peut ainsi se targuer d'être le premier fournisseur français dans le domaine. « Nous les produisons depuis les années 50 », confie le Directeur qui vient d'investir dans une nouvelle presse de 400 tonnes, achetée pour 100 000 euros en Italie. « Notre objectif est d'aller vers des pièces plus volumineuses », explique le responsable qui voit néanmoins chaque année une légère stagnation des demandes en raison de la part croissante - surtout en zone urbaine - de la pratique de la crémation. Les 50 % restants de l'activité de l'entreprise concernent des productions en direction de l'industrie comme des collecteurs pour radiateurs, ou encore des pistolets pour la distribution de gasoil.

« La taille de nos produits varie entre des pièces allant de 3 grammes à 2,6 kilos comme des luminaires pour du mobilier urbain. » À terme, la fonderie Hamel devrait renouveler la moitié de son parc de machines pour réduire les coûts énergétiques, améliorer le process et permettre ainsi de monter encore en productivité, et par la même occasion d'assurer au mieux, par sa production, le moyen de pérenniser le souvenir et l'hommage rendus aux défunts.-

Carl HOCQUART.

Article du supplément "économie" paru le mercredi 2 novembre 2011 dans l'Union / L'Ardennais